Interview DJ Psycut : « Pour moi un Deejay est celui qui met le bon morceau au bon moment »

DJ PSYCUT est né dans la banlieue parisienne. En tant que passionné de musique et de vinyle, il a créé son propre univers parmi les styles Soul, Jazz, Funk, Hip Hop, Nu Soul, Afro Beat, Samba Soul, Latin,  Broken Beat,  …

Il a organisé l’événement «Get on the Bus» dédié à la musique noire, puis partage sa sélection éclectique avec «JAZZ ATTITUDES PARTY». Actif et passionné, DJ PSYCUT est devenu un acteur sérieux des soirées de jazz dance et Rare Groove en France.
De septembre 2012 à 2016, il est responsable de l’âme, Funk, Jazz Funk et Boogie, du site 22tracks. Depuis avril 2017, il organise un nouvel événement parisien du nom de Easter Sounds Festival.

1. Salut Psycut, peux-tu te présenter à nos lecteurs et leur raconter ton parcours ?

Je suis DJ depuis plus de 20 années. J’ai commencé en 1996 dans un centre culturel à Maisons Alfort auprès de DJ Gero (en Hip Hop) et DJ Spip (en House) . Ils m’ont enseigné de très solides techniques en liens avec leur style et surtout la notion de Musicalité. Je n’ai pas eu le droit d’apprendre à scratcher tant que je ne savais pas caler 2 disques. A la dure mais je leur suis encore très reconnaissant. Au début je mixais surtout ce que j’écoutais les années précédentes à savoir du Rap Français puis influencé par Gero du Rap US et du Rn’B.
En 1999 Par le biais de rencontre avec des danseurs de mon quartier, je me suis intéressé à la culture Hip Hop et à mixer des références B.Boys. Je me rappelais qu’à cette époque mes potes s’entraînaient sur les Mix Tapes de DJ Siens. Pour moi ce fut la découverte des films wild Style et Beat Street. Puis je me suis mis à animer des soirées dans les MJC de Quartier. Pour satisfaire tout le monde il a fallu que j’élargisse mon répertoire musicale et pour faire danser les grands frères magrébins du quartier je me suis mis à creuser dans le Boogie et de la Modern Soul (Musique qu’à l’époque on appelait plus communément « Funk ».

Début 2000 je continue à peaufiner mon style tout en continuant à acheter des disques. Je m’intéresse de plus en plus au Rap indé US 90’s et au Rap plus « Old School » à savoir les périodes 79/84 et surtout golden Area de 87 à 93. La musicalité de ces morceaux me touche d’avantage que les paroles du Rap français, que je laisse tombé peu à peu. Rapidement je m’intéresse aux musiques samplées par des artistes comme EPMD, Naughty By Nature, NWA et bookine beaucoup à ce sujet. Je tombe à ce moment dans le P-Funk de Clinton et tous les sons Funk influencé par ce dernier comme Zapp, One Way, Bar-Kays, Mtume, Cameo, The Reddings, Dayton, Sun, …

 

A Partir de 2006 je me suis intéressé à la Culture du Jazz Dance et me suis de plus en plus à mélanger les sonorités dans mes sets comme la musique brésilienne, l’afro beat, la salsa et le broken Beat. En 2008 j’ai monté avec Koko la Soirée Jazz Attitudes pour promouvoir ce fil conducteur.

En parallèle je suis devenu DJ résident de nombreux Bar et Restaurant sur Paris.

Depuis 2017 j’ai débuté le projet Easter Sounds Festival avec DJ St James.

2. Comment es-tu arrivé au deejaying ? T’es-tu essayé à d’autres disciplines ?

Je suis arrivé au Djing car DJ Spip qui était un Amix de mon grand frère m’a dit un jour à la maison qu’il montait un atelier de DJ avec son Beau-frère de l’époque à Savoir DJ Gero.

Par le biais de mon implication dans l’association Métissage et suite à ma rencontre avec le CP Crew j’ai apris à grapher avec une bombe Aérosol.

3. Quels ont été les DJ’s qui t’ont influencé ?

Dj Chabin

Dans l’ordre de mes différentes rencontres j’ai été d’abord influencé par mes professeurs Gero et Spip.

Puis j’ai été influencé par Romento Le Jazz pour son approche du Funk et du Rap. C’est lui qui m’a mis dans James Brown et m’a parlé pour la première fois de DJ Chabin.

Les années suivantes en allant aux Club les Coulisses avec Gero j’ai été influencé par JP Mano. En le voyant mixé seul durant 6H00 j’ai appris à gérer une Foule lors de toute une soirée. Son approche du Groove et son respect pour le public présent m’a marqué à Vie. Très honnêtement il était un des rare à cette époque à jouer dans sa soirée mensuelle du D’Angelo, du Rn’B et Hip Hop de qualité, du Bernard Wright alors que les autres DJ’s Jouaient des sons à la mode et des Party Mixes.

DJ Goodka

Par le biais de mon amis Somy j’ai découvert Goodka. au début des années 2000 Goodka avait sorti de super Mix Tapes dédiées au BBoying et surtout avait un des plus beau Site Web dédié au Hip Hop. C’était une mine d’or. Je l’ai rencontré à Grenoble et l’ai vu joué avec son style en soirée. Il a mélangé du Jurassic 5, du Freestyle Fellowship mais aussi du Boogie Funk pour danseurs Debout et BBoys … quelle claque.

Je dois aussi citer Pharoah et sa Funky saturday comme influence.

A Partir de 2006 je suis devenu en plus un DJ Jazz Dance en étant influencé dans l’ordre par Jazzamar (qui vivait à côté de chez moi), Manu Boubli et Perry Louis.

La plus part de ces influences sont des DJ’s que j’ai côtoyé et qui m’ont aussi beaucoup touché par l’humain. je n’ai jamais été fan d’un DJ Star.

4. À quoi ressemble le quotidien d’un DeeJay ?

Je vais parler pour moi uniquement et cela se résume à Recherche, transmission pédagogique, communication et organisation.

5. Quel est ton plus beau souvenir de soirée ?

Difficile de n’en retenir qu’un seul … mais c’est vrai que mon mixe après Martha High à la Bellevilloise pour un tribute to James Brown durant laquelle il y a eu une chorégraphie générale dans la Salle est aussi mémorable que la Jam du Juste Debout Scandinave de 2006 et que mon mixe lors de la Funky Saturday de Nantes en 2014.

6. Que penses-tu de la scène Hip Hop française par rapport aux autres pays où tu as pu voyager ?

Difficile pour moi de m’exprimer objectivement dessus car j’ai pris de nombreuses distances. De manière général je trouve le niveau technique en France très élevé. les Protagonistes se sont beaucoup structuré professionnellement. Je trouve par contre qu’il manque de profondeur et de connaissance de la culture. Je trouve aussi que depuis les après-midi à Stalingrad avec Dee Nasty il n’y a plus vraiment d’évènement spontanément Hip Hop regroupant les différentes disciplines et de manière régulière.

7. Peux-tu nous parler du Easter Sounds Festival ? 

Le Easter Sounds Festival est né d’une envie de proposer durant le Week End de Paques, sur Paris un Festival pour réunir des passionnés de Jazz, de Funk, de Disco le tout dans un bon esprit. Organisé avec St James nous mettons en avant des DJ’s reconnus à ce titre pour leurs connaissances musicales et implication dans leur scène respective. Musicalement parlant nous souhaitons faire la part belle au son dit « Organique » c’est à dire qui n’est pas Electro House Techno en proposant de mixes à destinations de kiffeurs et danseurs.

8. Revenons sur ta collection, tu sais combien tu as de disques ? Les styles ? Comment les ranges-tu ? 

Environ 5000 disques regroupant du Rap, de la Soul, du Funk, du Jazz, de la musique brésilienne et de plus en plus de Musique Latin, de Rock et de Reggae. Ils sont tous classé par style et sous styles.

9. Y a-t-il un disque que tu recherches en particulier, ton Graal à toi ? 

J’aimerais retrouver une Copie originale du LP Fully Loaded du groupe de Funk 70’s Magnum, ma copie ayant été rayée.

10. Ton dernier coup de cœur ? 

Kyoto Jazz Sextet

11. Quelles sont tes techniques pour digger ?

Pour moi le terme digger s’applique aux brocantes et aux spots secrets et ou insolites.

Une bonne mémoire des refs et pochettes, lire les crédits et ne pas hésiter à s’éloigner de Paris.

12. Quels sont tes meilleures adresses (magasins, sites web) pour digger ? 

Superflyrecords (Paris) et Recordmania (Suède).

                                                                                    

 

13. La plus belle pièce que tu as trouvé ? 

Récemment je dirais le Lp Spiritual Jazz de Mustafa – Polygamy

14. En soirée tu joues sur quel support, pourquoi ? 

Serato ou Vinyl Only. Tout dépend du lieux, de son équipement, de la durée du set et de la demande.

15. Quels conseils auraient tu à donner à ceux qui souhaiterait devenir deejay comme toi ? 

DJ ou DJ comme moi ? ahahah … Ne pas oublier au fur et à mesure de son parcours les raisons initiales qui les ont poussé à devenir DJ. Souvent on peut se perdre et perdre la passion. Sinon je dirais de cultiver son identité musicale au-delà des modes.

16. Quelques mots sur tes projets à venir ? 

Nous avons déjà commencer à travailler sur Easter Sounds 2018.

17. Un message à passer pour conclure ? Des dédicaces à faire passer ? 

Je souhaite surtout remercier tous les gens qui me font confiance et me soutiennent.

18. Quelle est ta définition de la culture Hip Hop et celle d’un DeeJay ?

Pour moi je parle de Hip Hop quand en même temps ses disciplines se côtoient et quand il y a un message positif.

Pour moi un Deejay est celui qui met le bon morceau au bon moment.

Pour plus d’informations sur DJ Psycut :

Merci à DJ Psycut pour nous avoir accordé du temps pour cette interview 🙂

Fado

Fondateur du site Not Only Hip Hop

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