Retour sur l’exposition « Terrains les lieux mythiques du Hip Hop à Paris »

Aujourd’hui on a décidé de vous faire un retour sur l’exposition qui fait beaucoup parler d’elle « Terrains les lieux mythiques du Hip Hop à Paris » qui a lieu jusqu’au 31 décembre à la Médiathèque Marguerite Duras dans le 20ème arrondissement de Paris organisé par l’association RStyle.
L’exposition revient en photos, vidéos et musique sur les débuts de la culture Hip Hop en France.
En effet, à travers 6 spots importants, 8 p
hotographes (Dehy, Enriqué Aktuel Force, JayOne, Jumbo J, Nico PCB, Pierre Terrasson, Willie Vainqueur, Yoshi Omori.) ont permis de rassembler une quantité importante d’archives qui permet de montrer que la France à aussi son histoire dans la culture Hip Hop mondiale.

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Si le hip-hop prit naissance dans les quartiers délaissés de New York, c’est naturellement qu’il s’enracina dans les quartiers nord-est de Paris, trouvant dans cet environnement des acteurs animés par le même besoin de reconnaissance. Une jeunesse désireuse d’exprimer par la danse, la peinture et la musique son existence et sa dignité. À l’origine simples lieux de rendez-vous, ces terrains de jeux et d’expressions sont devenus des lieux mythiques, chargés d’histoire et d’anecdotes – a tel point que des personnalités culturelles aujourd’hui reconnues peuvent être associés à ces endroits. Ces lieux ont contribué à faire de Paris et de sa banlieue une des capitales mondiales des cultures urbaines. Une ville d’où émergent des disciplines nouvelles et tout aussi excitantes.

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Les images de cette période du hip-hop, précieuses de par leur rareté ont été prises par huit photographes d’horizons divers et ceux-ci ont cristallisé des moments de virtuosité et d’émotion générés par les artisans d’une culture hip-hop œcuménique et universelle.

Des États-Unis à Paris 

Le Hip Hop est un mouvement artistique et culturel qui prend racine dans les quartiers du Bronx à New York dans img_20161105_160601les années 1970, associant les disciplines de la danse, des arts visuels et de la musique. Afrika Bambaataa, jeune activiste du Bronx, dresse les principes fondamentaux et la philosophie du mouvement dont les valeurs sont la Paix, l’Amour, l’Unité et la Fête (Peace, Love, Unity and Havin Fun).

En 1982, le Hip Hop arrive en France avec le concert-spectacle New York City Rap Tour, au Bataclan et à l’hippodrome de Pantin. Ce spectacle est produit par la Fnac et la radio Europe 1, à l’initiative du journaliste Bernard Zekri.

Les artistes de la tournée sont les graffeurs, Fab Five Freddy, Dondi White, Futura 2000 ; des danseurs, les Rock Steady Crew ; Afrika Bambaataa, GrandMixer DST, DJ Afrika Islam.

Cette tournée présente aussi les danseurs de double dutch (pratique qui consiste à faire des figures avec deux cordes à sauter).

Cet évènement marque le début du Hip Hop en France.

Trocadéro

Célèbre place parisienne où les touristes du monde entier viennent prendre en photo la Tour Eiffel. À la fin des années 70, les jazz rockers, les danseurs de Disco, de Funk et les mimes pratiquent déjà des shows de rue.

Très vite, une autre vague d’artistes occupe ce lieu au début des années 80, les rollers, skaters et les danseurs trouvent la surface du sol, composée de dalles de pierres lisses, idéale pour glisser et rouler. On y voit des démonstrations de locking (danse caractérisée par des mouvements saccadés et rapides) ou encore du popping (danse mécanique qui rappelle les mouvements d’un robot).

C’est le spot idéal pour se faire remarquer par les publicitaires ou les producteurs en quête de nouveauté, ou pour « garnir le chapeau ».

Dans les années 2000 les groupes de spectacle de rue se multiplient à tel point que ça dérange, la police arrête les spectacles de rue sous peine de confisquer le matériel et de verbaliser. Les artistes trouvent d’autres spots tels que les Champs Elysées, la fontaine Saint-Michel, Anvers, Pigalle ou encore Beaubourg.

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Run DMC à Aubervilliers

Dans la cité de la Maladrerie habite limg_20161105_160826e photographe rock Pierre Terrasson.

Le journaliste musical Phillippe Manoeuvre, qui anime l’émission de télé Les enfants du Rock le contacte pour un shooting photo avec des rappeurs new yorkais de passage à Paris, il le charge de trouver un décor qui rappelle les quartiers ultra urbains du Queens dont sont issus les RUN DMC.

Pierre Terrasson lui propose naturellement de le rejoindre à Aubervilliers.
Les stars du rap arrivent en limousine à la cité devant les jeunes du quartier médusés par cette scène surréaliste. Ils font les graff mythique RUN DMC pour la photo, très vite repassé par les services de propreté de la ville.

Cette légende urbaine est immortalisé par ces seuls clichés. Certains parlent aujourd’hui d’une possibilité de restaurer l’oeuvre au laser.img_20161105_160834

Aubervilliers

C’est dans la casse de voiture d’Aubervilliers que sont programmés les premiers défis de danse Hip Hop français.

Située dans le 93, au Fort d’Aubervilliers, elle bénéficie d’un programme de développement culturel mené par la commission interministérielle Banlieues 89, « Fêtes et Fort ». Cette initiative vise à désenclaver les banlieues, dans un contexte où les tensions montent dans plusieurs villes de banlieues.

Considéré comme le premier festival de Hip-Hop en France, on y retrouve aussi des artistes de la scène punk-rock comme Paul Personne, Charlélie Couture qui donnent des concerts. Les genres artistiques et musicaux se suivent et se mêlent.

Des équipes de plusieurs quartiers et villes s’affrontent dans des défis de danse. Les graffeurs comme JayOne, Shen (future membre du groupe NTM) y font leurs graffitis. Les breakers d’Aktuel Force et des PCB y sont présents également. Lionel D rappe, Frank2louise et Dee Nasty sont aux platines.

Willy Vainqueur, photographe officiel de la ville, a saisi ces moment uniques.

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Stalingrad

img_20161105_161358Niché entre les stations Stalingrad et La Chapelle, ce terrain de jeu au nom interchangeable, situé dans le nord de Paris, sera pour les ardents acteurs du mouvement un espace important pour son développement. On y accède pour son développement. On y accède soit en sautant le mur de la rue ou par les grilles du côté des voies ferrées. Les premiers à découvrir ce terrain sont les graffeurs. Le lieu est le spot parfait, il est visible depuis le métro aérien de la ligne 2. Les artistes s’y retrouvent régulièrement pour danser, mixer et graffer.

Pour Dee Nasty, c’est une révélation, un petit New York à Paris. Il y organiser des free jam (rassemblements qui n’avaient d’autre ambition que l’expression libre). Il y installe ses platines et un micro, alimentés par un groupe électrogène. Les rappeurs Johny Go et Destroy Man y ont lancé les premières rimes du rap français alors que le Beatbox de Fat donne la rythmique. Les B-boys improvisent des freestyles de danse sur la seule partie carrelée de cet ancien parking.

Le terrain restera pendant une décennie un lieu central et un passage obligé pour les graffeurs comme un lieu de pèlerinage.

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TIKARET 

Tikaret est LA Boutique emblématique de la culture Hip-Hop (voir interview avec Dan de Tikaret). Ouverte en 1986 à l’angle de la rue Château Landon et de la rue CHaudron dans le 10 ème arrondissement, la boutique passe rapidement de la vente de fripes à la vente de vêtements et d’accessoires. Dan, son fondateur fréquente le terrain de Stalingrad voisin et importe des Etats-Unis, toute sorte d’objets relatifs au code vestimentaire du Hip-Hop.

On trouve chez Tikaret des Tee-shirts, des vestes en jeans signés des BBC, des bob Kangol et surtout les fameux names plates, ces ceintures à la boucle dorée et personnalisées avec le Blaze (Nom) en lettre capitale. La boutique ferme ses portes en 1997, après avoir été pour toute une génération le lieu de référence de la mode et du style Hip-Hop.

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Notre avis sur l’expo

De la BOMBE !!!
Elle nous a permis d’en apprendre d’avantage sur l’histoire de la French Touch, de voir comment la culture Hip Hop française a commencé avec les premières inspirations, de connaître des spots majeurs qui ont fait en sorte que le Hip Hop français soit reconnu à travers le monde et de voir les différentes époques qu’elle a traversée pour arriver à ce qu’elle est aujourd’hui.
On vous conseil vivement d’y aller si vous voulez en apprendre ou si vous êtes curieux comme nous, en plus c’est GRATUIT !

Plus d’informations

  • Lieux :
Médiathèque Marguerite Duras
115 rue de Bagnolet
75020 Paris
  • Date :

Du 3 novembre au 31 décembre 2016
les dimanche de 13:00 à 18:00
les mardi, jeudi, vendredi de 13:00 à 19:00
les samedi de 10:00 à 18:00
les mercredi de 10:00 à 19:00

  • Prix :

GRATUIT !

Fado

Fondateur du site Not Only Hip Hop

2 réflexions sur “Retour sur l’exposition « Terrains les lieux mythiques du Hip Hop à Paris »

  • 30 septembre 2020 à 17:33
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    Merci pour ce contenu. Savez vous de qui est la photo au trocadero svp ?

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