Interview Mighty Mike (Brooklyn/Master Mind Rockers) : « Sans essence, un art et qui plus est une culture est comme une coquille vide »

English below

Nom : Mighty Mike                                                                                            

Localisation : Brooklyn

Crew : Master Mind Rockers

Auparavant : Membre des Furious Rockers, New York City Breakers (2nde génération), Full circle, Just Begin Crew, Scramblin’ Feet…

Battles break : Chico gotta have his share – Mastermind Rockers Anniversary

1) Qu’est ce qui t’a donné envie de prendre part et devenir un membre actif des Master Mind Rockers ?

Quand je me suis pleinement investi dans le bboyin’ en 1994, j’étais complètement fou de cette discipline artistique. J’ai rencontré quelques danseurs qui m’ont laissé m’entraîner avec eux et grâce à qui j’ai découvert quelques steps. Après quelques mois d’entraînement, je suis devenu un membre de leur crew. Durant un certain temps, on a bougé à des events au sein desquels on a pu voir des danseurs de rockin’.

Je me suis dit “wow !”.

Après toutes ces années de pratique, je n’avais jamais vu ça, et pourtant d’après mes souvenirs, ce Rockin’ était plutôt basique. Durant encore quelques années, j’ai continué à observer les rockeurs dans les jams, les events, les jams dans les parcs, et puis je me suis décidé : j’ai demandé à un des amis des Master Mind Rockers de venir voir par lui-même. Il m’a demandé : bordel, qui enseigne ce truc ? C’est mauvais ! Je lui ai répondu que je ne savais pas. (N.D.L.R. : Le rockin’ que Mike a présenté à son ami était mal exécuté. Ce dernier était déçu).

J’ai donc décidé d’interviewer quelques membres originaux des Master Mind Rockers : Choco, Popey, Rubber band, Fano…Pour n’en citer que quelques uns. Après cela, j’ai voulu aller plus loin et suis allé retrouver mon ami Ringo en 2008 pour l’interviewer au sujet du Rockin’. Une chose entraînant l’autre, je l’ai un peu motivé à ce qu’il redevienne un danseur actif et à battle quelques têtes. Et puis un beau jour il m’a dit qu’il voulait créer à nouveau un crew de rockin’, alors je lui ai demandé ce qu’il pensait des Master Mind Rockers. Il m’a dit ok, on va demander la permission aux originaux pour prendre le nom et faire revivre tout ça !

En 2009 les nouveaux Master Mind Rockers étaient nés.

2) Quel événement est-ce que tu organises, quel est-il et quels sentiments, quels messages tu veux apporter à travers celui-ci ?

En tant que bboy, j’ai eu envie de faire mon propre événement en 2000. Il s’appelait “Chico got to have his share” (N.D.L.R. : ce sont des lyrics de la chanson “The Mexican”) et Ken Swift était mon M.C. (N.D.L.R. : remarquez que les américains utilisent le nom de M.C pour désigner ce qu’on appelle en France un “speaker”…). Tout l’événement était incroyable, les meilleures interviews que j’ai pu faire étaient là-bas. L’une d’entre elle était celle de Frosty Freeze.

Après des années à créer des événements, j’ai décidé que nous tous, en tant que Master Mind Rockers, devions fêter notre premier anniversaire. (N.D.L.R. : un anniversaire de crew aux états-unis est vrai gros événement, cela semble être une tradition pour eux).

Nous étions un peu nerveux parce que nous ne savions pas vraiment si les danseurs allaient venir et supporter cette ancienne danse. Mais nous avons organisé cette danse des années 70s et ça a été un succès. De nombreuses personnes sont venues nous supporter et l’ambiance était incroyable.

Nous étions désormais sur quelque chose de fort, on a juste créé un mouvement que les Dynasty Rockers avaient certes fait vivre avant nous, mais on a pu y ajouter une touche spéciale, quelque chose de différent de tout le reste.

3) Pourquoi tu l’as nommé “Chico gotta have his share” ? (N.D.L.R. : traduire par “Chico doit avoir sa part” : ce sont les paroles de la chanson de Babe Ruth, “The Mexican”)

Pour de nombreuses raisons : j’avais l’habitude d’aller dans des événements et payer une certaine somme, parfois très élevée alors que l’événement était trop long. Attendre que les battles soient terminés, c’était beaucoup trop relou pour moi.

J’ai donc décidé de créer mon propre event au sein duquel le prix de l’entrée est peu élevé et la musique passe non-stop pour que les danseurs puissent breaker. Mes battles étaient plus courts que les autres events. Voilà pourquoi j’ai utilisé la chanson de The Mexican.

4) Quelques personnes estiment que le break s’appelle en réalité rockin’. Explique-nous pourquoi et si dans l’idéal, tu aimerais que ce nom prédomine à nouveau ?

Ok, à la fin des années 70s-début 80, il y a eu un moment où le rockin’ et le break sont entrés en collision…Mais garde à l’esprit que ce sont deux danses différentes. Certains mouvements sont presque les mêmes mais restent différents. Ces deux danses ne doivent pas aller ensemble, elles ont chacune leur propre identité.

Je crois que le film Beat Street utilise le rockin’ dans une de ses scènes et c’est pourquoi il y a autant de confusion. Si bien que de nombreux bboys se demandent souvent “est-ce qu’on peut jerker ou lancer des burns dans nos passages ?”. On leur explique que non, ce n’est pas possible : ce sont deux danses distinctes.

Il y a très longtemps, le mot rockin’ était utilisé pour identifier quelqu’un qui faisait des mouvements au sol (N.D.L.R. : “someone gettin’ down”). Les toprocks et les footworks vont ensemble mais eux seuls font partie intégrante du break.

Cela dit, le terme rockin’ était utilisé de différentes manières, comme par exemple “down rock”. Mais le rockin’, la danse que l’on connait tous comme le uprock, avait pour véritable nom le rock. Et oui ce sont deux danses différentes. Elles n’ont jamais joint leurs forces parce que cette danse existait bien avant le break.

Ken Swift

Le uprock et le rockin’ vont ensemble, mais tu peux utiliser le terme rockin” pour un bboy qui vient de faire un passage. La signification rockin’ était utilisée avant tout type de danseurs.

Le véritable nom du rockin’ est rock. Les rockeurs s’appelaient ainsi parce qu’ils avaient l’habitude de danser sur  de la musique rock.

(N.D.L.R. : la traduction de rock n’a pas vraiment de rapport avec le fait de se battre. Dans le meilleur des cas, To rock se traduit par “basculer, secouer ou être ébranlé”).

5En France, le cinquième élément du hip-hop, la connaissance (knowledge) est quasiment invisible de notre culture. Est-ce une surprise pour toi, et est-ce la même chose aux états-unis ?

Lorsque de nombreux apprentis viennent me voir pour me demander si je peux leur apprendre le rockin’ ou le bboyin, la première chose que je leur demande, c’est s’ils connaissent leur histoire. Certains ne sont pas au fait de celle-ci. Je préfère leur conseiller de rechercher leur histoire avant même d’être impliqué dans la danse.

On essaie de préserver le cinquième élément autant que possible. C’est très important de comprendre cela. Sans essence, un art et qui plus est une culture est comme une coquille vide.

6) Aujourd’hui en 2017, c’est très compliqué de trouver des événements planifiés autour des valeurs hip-hop, peace, love, unity and havin’ fun. Par exemple, les battles humanitaires se comptent sur les doigts d’une main. Ces valeurs n’ont pas besoin de notre culture pour exister, alors, sont-elles encore importantes pour le hip-hop d’aujourd’hui ?

De mon point de vue, les choses qui vont mal dans le hip-hop sont :

  • 1_Les gens ont des préférences trop restreintes sur les événements où ils souhaitent aller.
  • 2_La culture hip-hop subit parfois de la ségrégation.
  • 3_Certains organisateurs ne se soucient pas des autres, ne demandent pas leurs avis. Le caractère des événements dépend seulement de qui les organise.
  • 4_On devrait faire un peu plus d’événements locaux, moins de gros battles.
  • 5_La seule façon de promouvoir nos événements est par le biais des médias sociaux et des flyers. Il y a beaucoup de travail préliminaire à faire.  
  • 6_Il est très important de choisir les bons juges lors des battles.
  • 7_La connaissance est très peu distribuée parce que certains originaux (“OG”) n’aiment pas vraiment être devant une caméra pour différentes raisons. On doit respecter ça. Heureusement, nous avons internet.
  • 8_ L’histoire du hip-hop doit être racontée par ceux qui la vivent, pas par ceux qui en font la recherche.
  • 9_Rester intègre est parfois un problème pour certaines personnes.
  • 10_Restez vrai

7) C’est quoi le hip-hop parfait, pour toi ?

Pour moi le hip-hop est une culture. Je la vis, je la respire, je suis hip-hop. Comment je m’habille, la façon dont j’agis et les positions que je prend…Je peux m’exprimer à travers la musique à n’importe quel moment et descendre au sol de la façon dont je sais le faire.

 


1) What gave you the desire to take part and become an active member of the Mastermind Rockers ?

When I got involved in bboyin’ in 94 to 95, i was pretty much in love again with the art. I meet a few dancer that led me to a practice in where i meet quick step. After training for months, i became a member. During that time we went out to event in where i was witnessing a few dancers Rocking.

I said wow i haven’t seen this in years but there Rocking was a little basic from where i remembered it. As a few years went by I kept seeing dancers rocking in jams , events, and park jams, i decided i wanted one of my friends from mastermind rockers to come out and see for himself. He ask me who the f—k is teaching this shit. I said i didn’t know.

So i decided to have a few interviews with original members of the Master Mind Rockers : Choco, popey, Rubber band , Fano…Just to name of few.

After interviewing this guys I decided to go deeper into finding my friend Ringo who I found in 2008 years later, to interview him about Rocking (nb : vous pouvez voir cette interview en vostfr sur la page facebook Freshest Kids France).

After interviewing him and dragging him around he decided that he wanted to become an active dancer again i had him train and come back to battle a few heads , then after he told me he wanted to start a rocking crew again, so I ask him “how about Mastermind Rockers ?”.

He said “he’ll yea so I go permission from the original to take the name and relived again !”

In 2009 the New Mastermind Rockers was born

2) What event do you organise, what is it, and what feelings, what messages do you want to spread through it ?

As a bboy, i was inspired to do my first event in the 2000. My first event was called Chico got to have his share (ce sont des lyrics de la chanson “The Mexican”) in where Ken swift was my MC. The overall of the event was amazing some of the best interviews came out of this event. One of them is with frosty freeze.

After years of doing event i decided that we, as Mastermind Rockers, we wanted to do our first anniversary. We was a little nervous about this because during the beginning of getting the crew together we didn’t know if people would come out and support this old dance.

Remember this is a late 70s dance so we organized it and it was a success. Lots of people came out to support and the feeling was incredible. Now we was on to something great, we just created a movement even do Dynasty Rockers was doing event even before us but we had something special, something different that stood out from the rest.

Pourquoi tu l’as nommé Chico …

For many reason : i used to go to event and pay to get in and it was very pricey and the event was too long and waiting until battle are over was to much for me.

So I decided to do my own event in where I don’t charge a lot and give dancers more music so they can get down and my battles where shorter then other events and that’s why I used the song them of the Mexican.

3) De nombreuses personnes estiment que le breakdance s’appelle en réalité Rockin. Explique-nous pourquoi et si dans l’idéal, tu aimerais que ce nom prédomine à nouveau ?

_Many people deems rockin’ is the true name of breakdance. Apparently, rockin’ is not “only” uprocks. Could you explain us why and if, ideally, you ‘d like an use of the word rockin’ instead of breakdance ?

Ok here we go so in the late 70s to the early 80s, there was a time where Rocking collided with breakdancing…But keep in mind that Rocking and Breakdancing are Two different dance. Some move are almost the same but yet so different. These two dance do not go together, they have there own identity.

I believe the movie Beat Street kinda used Rocking in one of there sense and this is why there are so much confusion. So many bboys are always asking “Can we jerk or throw Burnz on one of my runs ?” and we tell them no you can not : there are two separate dance.

Back in the days, the word rockin was used to identify someone gettin down. Top rock and footwork go together but only top rock and footwork are part of breakdancing.

Now term rockin was used many ways, like down rock. But now rockin, the dance we all know as uprock : the real name for this was rock.

And yes they are two different dance.

They never joined forces because this dance was before breaking.

Uprock and rockin go together. But you can also use the term rockin to a bboy who just finished a set. The meaning of rockin was use before all type of dancers.

The true name of rocking is rock. Rockers used this because they used to rock to rock music. (nb : la traduction de rock n’a pas vraiment de rapport avec le fait de se battre. Dans le meilleur des cas, To rock se traduit par “basculer, secouer ou être ébranlé”).

4) In France, the fifth hiphop element, knowledge, is almost invisible of our culture. Does it surprise you ? Is there the same thing in USA ?

As more students come to me to ask if I can teach them Rocking or b,boy in the first thing i ask them is do you know your history on HipHop. Some do some don’t. My advice is to research your history before getting involved.

We try to keep the fifth element alive as much as possible. It’s very important to understand.

5) Today in 2017, it’s very hard to find events planed around hiphop values (peace, love, unity and havin fun). For example, humanitary battles in France can be count on the fingers of one hand. These values don’t need our culture to exist. So, are these still importants for the hiphop of today ?

6) What is the ideal hip hop for you ?

For me Hiphop is a culture. I live it , i breath it, i am Hiphop.

How a dress to how i act and how i stand , i can express myself threw music at any time

and get down like i know i can.

Ok the only thing wrong with ny Hiphop culture is :

  • 1 people have preferences on who event they want to go
  • 2 the Hiphop culture

Is sometimes segregated

  • 3 some promoters

Don’t attend other

People event depending on who’s doing it

  • 4 we do more local events

More than the big events

  • 5 also charging at the door

Has to be low admission or people

Won’t go

  • 6 the only way to promote events is threw social media

And flyers

Lot of leg work to say

  • 7 pick the right judge

Or else your event

Will be judged as well

  • 8 very little knowledge is giving out

Because we have internet

And some OG don’t really like cameras for many reasons

So that must be respected

  • 9 Hiphop history

Must be told by those who lived it

Not by someone who research it

  • 10 keep in it real

7) What is the perfect hip-hop, for you ?

For me hip-hop is a culture. I live it, I breathe it, I’m hip-hop. How I dress, the way I act and the positions I take … I can express myself through music at any time and get down to the ground the way I know how to do it.

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