Arrêtez tout !!!! Samuraï Champloo est sur Netflix … retour sur le manga le plus Hip Hop jamais réalisé !

Avant de commencer cet article sur le sujet principal, nous souhaitions tout de même vous rappeler que Netflix est devenu en quelques années l’un des sites de vidéos à la demande qui laisse le plus la place aux documentaires, films et séries sur la culture Hip Hop.

En effet avec entre autre :

  • Fresh Dressed

  • Stretch and Bobbito : Radio that changed lives

  • Hip-Hop Evolution

  • Roxanne Roxanne

  • Unsolved  : The Murders of Tupac and the Notorious B.I.G.

  • The Defiant Ones

  • Sample This

Netflix est devenu la plaque incontournable de contenus autour de la culture Hip Hop, ce qui ne va pas déplaire aux puristes et passionnés de cette culture.

En revanche, il y a une série où plutôt une série japonaise qui est complètement passé inaperçu… je veux bien sûr parler de Samurai Champloo.

Retour sur un manga japonais à la sauce Hip Hop

Samurai Champloo (サムライチャンプルー, Samurai Chanpurū) littéralement mot pour mot « Samuraï« , le samouraï est un membre de la classe guerrière qui a dirigé le Japon féodal durant près de 700 ans et « Champloo« … ce n’est pas du shampoing. C’est le nom d’un plat local d’Okinawa, le « champuru », composé d’un mélange de tofu, de légumes et de porc ou de n’importe quel ingrédient, le tout sauté ensemble dans une poêle.

Goya Champuru

Et quand on a vu la série dans son ensemble on comprend mieux pourquoi Champloo.

Bref, l’histoire se déroule dans une version fictive de l’ère Edo (1603 – 1868) au Japon. Où une jeune fille, Fuu, recherche le samouraï qui sent le tournesol et se fait accompagner par deux individus Mugen et Jin, à la suite d’un pari qu’elle a « gagné » contre ces deux derniers qui allaient s’entre-tuer.

Alors pourquoi Hip Hop ?

Samurai Champloo, c’est l’univers du Chambara (film de sabre) couplé à de la musique très Boombap et Breaks par moment avec des épisodes s’inspirant fortement des éléments de la culture Hip-Hop (Deejay, Graffiti, Rap, Breaking)

Il fallait y penser, Shinichiro Watanabe, le créateur de la série animé, l’a fait. Samurai Champloo est un (fantastique) animé se déroulant sur 26 épisodes qui a été diffusé en 2004 au Japon et depuis 2015 sur Netflix.

Shinichiro Watanabe avait également fait une autre série animé quelques années auparavant du nom de Cowboy Bebob, il mélangeait gaiement futur, vaisseaux spatiaux, jazz et d’innombrables références à Bruce Lee, au western, à la blaxploitation etc..

Dans Samurai Champloo, Shinishiro Watanabe prends des libertés avec la réalité historique de la période Edo, durant laquelle est sensée avoir lieu la série.

Plusieurs épisodes comportent des anachronismes flagrants à cette période de l’histoire mais également à la culture Hip Hop, les auteurs s’en amusent volontairement et c’est l’un des charmes de Samurai Champloo.

La musique 

Rien qu’en entendant le générique d’intro, tu te rends compte que la série va être très très raw et funky.

Ces musiques sont le fruit de la collaboration d’artistes japonais et américains issus de la scène hip-hop que sont Nujabes, Shing02, Fat Jon, ainsi que Force of Nature et Tsutchie.

Cependant, de tous les contributeurs, Nujabes, connu pour son style de production et de ses samples soul et jazz, est devenu le plus connu.

«Le compositeur Nujabes est le premier nom qui m’est venu à l’esprit lorsque j’ai pensé à créer de la musique pour SamuraiChamploo, donc je pense que nous avons pu réaliser ensemble une grande et spectaculaire collaboration. J’ai eu un dialogue avec lui après que nous avons fini de travailler sur le manga. Jusque-là, il travaillait presque exclusivement au Japon, mais après Samurai Champloo, il a reçu beaucoup de retours positifs de la part de nombreuses personnes, en dehors du Japon, donc il en était très content. » —Shinichiro Watanabe

Il n’est pas surprenant que Nujabes ait été la première personne à qui Shinichiro ai pu penser pour Samurai Champloo, sa musique étant elle-même un anachronisme. Son son était un mélange d’ancien et de nouveau, faisant de Nujabes et de Samurai Champloo un match parfait, et résultant en un spectacle que les fans de hip-hop et d’anime apprécient et se lient jusqu’à ce jour.

La culture hip-hop a toujours été une question d’éclectisme – initier les gens à des mondes entièrement nouveaux. De la même manière, le travail de Nujabes sur Samurai Champloo a initié de nombreux fans de hip-hop à l’anime et de nombreux fans d’anime au hip-hop. De cette façon, Nujabes et son héritage ont vraiment capturé l’esprit du hip-hop, et c’est pour cela qu’il reste si influent tant d’années après sa mort tragique.

Pour en revenir aux principaux éléments de la culture hip hop présents dans l’anime voici un descriptif :

  • Rap & Beatbox

Tout d’abord, le générique du manga, comme vu précédemment, Battle Cry est une musique créée par le producteur Nujabes et le emcee Shing02, ce qui pose parfaitement la base.

Par ailleurs d’autres références à ces éléments sont données un peu partout mais l’élément est le plus présent sur un épisode en particulier, se référer au 8ème épisode de la série « La légende de l’Est » où un personnage fait du Beatbox et un autre fait du freestyle rap.

  • Graffiti Writing

Le writing ou graffiti est présent à l’épisode 18 (Pen in One Hand, Sword in the Other – War of the Words) ou des writers samurais luttent pour la suprématie à coup de graffiti à travers les murs de la ville. Il y a aussi un personnage qui fait directement référence à Andy Wharol.

  • Breaking

Mugen est un authentique b-boy, on peut le voir à ses mouvements de combat, il peux te faire des coupoles à l’infini à n’importe quel moment. Son attitude dans le manga est très sauvage et fait même penser à Ol’ Dirty Bastard du Wu-Tang avec une épée, la fameuse Typhoon Swell.

  • Deejaying

Les transitions dans tous les épisodes sont faites par un scratch et même le générique d’intro y fait penser avec un fameux vinyle.

Et presque tous les épisodes de la série sont bourrés de clins d’œils de ce genre.

Cette manière de mélanger genres et périodes et de glisser des tonnes de références dans ses séries distingue nettement Watanabe du reste de la profession des faiseurs d’anime. S’il fallait trouver son équivalent au cinéma, je pointerais dans la direction de Tarantino.

Le graphisme est superbe, le traitement de l’image, le design des personnages, le choix des prises de vues aussi.

Par contre, il ne faut pas s’attendre dans Samourai Champloo à un scénario implacable ou chaque épisode de la série tourne autour d’une intrigue unique. Pour Watanabe l’histoire générale passe au second plan, il traite chaque épisode comme un mini-film, isolé de l’intrigue générale.

D’ailleurs l’intrigue de Samurai Champloo est on ne peut plus vague, à savoir la recherche par l’un des personnages (Fuu) d’un étrange Samurai « à l’odeur de tournesol » entrevu dans son enfance. C’est le fil conducteur de la série plus que son moteur.

Si vous ne voyez pas en Samurai Champloo un manga Hip Hop on ne peut rien pour vous.

Et sinon les personnages principaux ?

  • Fuu + Momo-San

 Fuu, qui introduit la série, est une jeune fille aussi écervelée que sensible et dotée d’une obsession : retrouver le mystérieux samuraï « à l’odeur de tournesol« . Elle obligera les deux autres personnages principaux à l’aider (malgré eux) dans cette quête qui les mènera dans un road-trip à travers un japon ancien loufoque et remanié à souhait.
Qualité : cœur d’or et fort caractère
Défaut : un appétit inhumain.
Momo-San est le petit animal de compagnie de Fuu, un écureuil volant.

  • Mugen

Mugen, (nous en avant déjà un peu parlé) est un vagabond exceptionnellement doué au combat, ignare et frustre, à la force sauvage et incontrôlée. Lorsqu’il se bat, son style de combat est un mélange de breaking (danse hip-hop) et de furie sanguinaire. Sa psychologie primaire au premier regard s’étoffe et se densifie dans certains épisodes. Il incarne une forme de rébellion naturelle contre l’ordre établi et une bouffée de liberté dans un monde hyper codifié. Il est comme son nom qui signifie sans limite en japonais.
Qualité : obstiné comme ce n’est pas permis et généreux
Défaut : têtu, trop inculte, limite bête (mais limite seulement).

  • Jin

Jin est un ronin aka un samuraï, l’opposé de Mugen au niveau du caractère. Austère, calme avec des airs d’intello que souligne le port d’une paire de lunettes. Il provient d’une grande école de sabre et maîtrise son art martial avec brio. Il est l’exact opposé de Mugen. C’est un peu le philosophe du trio.
Qualité : cultivé et bonnes manières.
Défaut : trop, trop renfermé.

 

En conclusion, Samuraï Champloo, est le manga à ne pas louper pour les puristes de la culture Hip Hop. Si vous ne le connaissez pas encore dépêchez-vous de regarder les 26 épisodes, ils sont tous disponibles sur Netflix !

Fado

Fondateur du site Not Only Hip Hop

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