L’importance et l’influence des B-Girls sur la scène Breaking

La culture Hip-Hop, et plus particulièrement le Breaking, n’est pas uniquement une histoire au masculin, un milieu de macho. Une généralisation pleine de préjugé qui a invisibilisé la présence des B-Girls sur la scène Breaking depuis bien des années.

La mère du Hip-Hop : Ses titres de noblesses

Une histoire oubliée : les origines de la culture Hip Hop ont été retracées, écrite et racontée à maintes reprises par les hommes qui ont contribués à l’histoire de la culture Hip Hop. Pourtant, le Hip-Hop est venu au monde grâce à une femme : Cindy Campbell aka la mère du Hip-Hop.

Cindy Campbell 

Elle est tout simplement la sœur de Clive Campbell, plus connu sous le pseudonyme de Kool Herc, pionnier et fondateur (encore vivant) de la culture Hip-Hop.

Clive « Kool Herc » Campbell & Cindy Campbell

Dans l’histoire de la culture Hip-Hop, il est légitime de s’interroger pour quel motif, cette culture a-t-elle pu oublié Cindy Campbell, qui est la première actrice féminine de la culture Hip Hop.

Revenons dans la soirée du 11 Août 1973, aux Etats-Unis, dans l’un des « Fives Boroughs » de New York : Le Bronx, la ville natale du Hip-Hop comme il est stipulé dans son acte de naissance.

Flyer du début de la culture Hip Hop

La famille Campbell, d’origine Jamaïcaine, décidait d’organiser une fête inédite pour célébrer la fin des vacances scolaires aux habitants du quartier, donnant rendez-vous à cette fameuse adresse : Le 1520 Sedgwick Avenue, « le berceau du Hip-Hop ».

Tandis que Kool Herc se prépare à se mettre aux platines sous la demande de sa sœur, c’est cette dernière, qui a lancée l’initiative, et qui organise de ce qui va devenir la soirée fondatrice de la culture Hip-Hop. Cette soirée va avoir un immense succès auprès des habitants du quartier. C’est suite à ce succès, que Cindy Campbell va organiser d’autres Block-Parties qui vont prendre de plus en plus d’ampleur au fil des soirées, d’abord dans tout le Bronx, puis à New-York avant qu’elle conquière les Etats-Unis d’Amérique et le monde entier. Elle était donc la première promotrice du Hip-Hop.

Cindy Campbell

Pour accentuer ce côté pionnière, elle est aussi la première activiste Hip Hop qui s’investit énormément dans plusieurs organisations à but non lucratifs, notamment celle de la « Hip-Hop Preserve Incorporative », dont elle est la fondatrice de cette association, dont elle se bat pour préserver les origines et l’histoire de la culture Hip-Hop. Dans les années 2000 elle joue un rôle important dans la conservation de l’immeuble de la 1520 Sedgwick Avenue  qui risquait d’être démoli.

Elle est restée dans l’ombre malgré toutes ses actions, en raison du fait qu’elle a souhaitée être une activiste discrète de la scène Hip-Hop, préférant se consacrer à la gestion de carrière de son frère à leurs débuts, lui apportant énormément de soutien, l’aidant à devenir un acteur influent avant de devenir un pionnier de la culture Hip Hop tel que nous le connaissons actuellement. Elle répond parfaitement à l’adage de : « derrière chaque grand homme, se cache une femme incroyable ».

Les origines au féminin du Breaking

Baby Love

Il est essentiel de retracer le parcours féminin du Breaking depuis sa genèse. Même si Cindy Campbell, la sœur de Kool Herc, est la créatrice de la culture Hip-Hop et à l’initiative de beaucoup de mouvements associatif pour préserver son histoire, pendant longtemps la scène du breaking, ou très vulgairement appelé le « Breakdance » par les médias traditionnels de l’époque, va rester un milieu majoritairement masculin, dont on verra peu de B-girl s’imposer à cette époque-là dans ce raz-de-marée de B-boy qui débutent et qui deviennent par la suite influent. On peut citer entre autre B-boy Kmel de Boogie Brats crew aux Etats-Unis, B-boy Storm de Battle Squad en Allemagne et évidemment B-boy Ken Swift du fameux Rock Steady crew. Pourtant, c’est au sein de ce crew qu’on va trouver une B-Girl qui va s’imposer parmi les garçons : C’est B-girl Baby Love.

Baby Love

De son vrai prénom Daisy Castro, d’origine Porto-Ricaine, la danseuse New-Yorkaise est l’une des premières vraie B-Girls et le premier membre, mais également la plus jeune, membre féminin, du mythique Rock Steady Crew. D’après une interview publiée sur le site internet de « Vice », un web-média américain, B-girl Baby Love aurait commencé le B-boying grâce à son frère alors qu’elle traînait au Rock Steady Park (parc rebaptisé sous le nom des danseurs qui en avait fait leurs spots de training-par soucis d’anachronisme, tous les noms actuels des lieux emblématiques de la culture Hip-Hop seront cités par leurs noms actuelles). C’est à cette période qu’elle s’est initiée aux premiers pas de cette danse emblématique de la culture Hip-Hop au début de l’année 1983. Mais son visage et sa voix se fera entendre dans le monde entier grâce au clip musicale UpRock et  Hey You des Rocks Steady Crew, qui est devenu un succès mondial, restant pendant des semaines dans le top 10 des Charts comme en Angleterre, en Autriche ou en Allemagne. B-girl Baby Love devient alors une icône authentique dans le Breaking et prouve que les femmes ont bien leurs places dans les cercles et différentes prestations promouvant le Hip Hop.

Baby Love

En 1983, Baby Love et les Rock Steady Crew, sont à l’apogée de leurs popularités, en tournée à travers le monde, ils sont invités par la Reine Elizabeth II pour faire un showcase. Elle a également participé au tournage du film « Beat Street » qui sortira un an plus tard, en 1984. Elle est également la créatrice d’un pas signature connu de tous les B-boys, le Babylove. Un des pas élémentaire et fondateurs du Breaking et du Footwork, devenant un des steps de base pour apprendre le Footwork. Aujourd’hui, elle s’est retirée de la scène mais son aura et son histoire marque encore les nouvelles générations.

Karima

Après le passage du New-York City Tour et des Rock Steady, certaines B-girls françaises sont rentrés dans le mood et l’arrivé de l’émission H.I.P.H.O.P y aide également.

C’est le cas de B-girl Karima, pionnière française du Breaking avec le mythique crew français Aktuel Force, elle a marqué et influencé l’histoire de la scène française dans ce milieu dominé par les hommes en devenant une icône référentielle de cette culture urbaine en France. Jeune adolescente qui fait ses premiers pas en 1986, elle devient membre du groupe Aktuel Force en 1988 ou elle a fait ses armes.

Danseuse déterminée, elle impose son style et son attitude sur scène pour conquérir pour se créer une place dans cette immense cypher compétitif pour ainsi conquérir la reconnaissance de ses paires. Désormais, elle est devenu un modèle pour les jeunes danseuses et les jeunes danseurs. C’est également une actrice de ce mouvement, puisqu’elle exprime ses idées en raison du fait qu’elle veut briser les préjugées discriminants sur l’inaccessibilité des danseuses dans la danse et de la considération des danseurs en général, notamment dans le break. En effet, à ses 19 ans, Karima a décidé de devenir une B-girl à part entière, car il n’y avait aucun précédent féminin et elle se refusait d’être comparé à une autre danseuse. Ce qui va l’aider encore plus dans sa quête d’identité et dans sa force de caractère dans les années à venir. Elle démontre que cette danse à permit bien plus que de construire ses pas ou bien de décrire ses passages : cela lui à permit de construire son identité et d’écrire son histoire ainsi qu’une partie du Hip Hop français.

B-girl Karima

B-girl Hurricane

D’ailleurs, elle n’est pas la seule à marquer l’histoire du Hip Hop français, puisque dans les années 90, une autre B-girl se fait remarquer sur scène mais aussi en coulisse : c’est B-girl Hurricane.

Issue de province, cette danseuse confirme l’importance de la forte identité dans la culture Hip Hop, permettant de s’affirmer dans ce milieu. Considéré comme la reine B-girling français dans ce milieu, l’interview vidéo réalisé par Rstyle en 2013, nous donne le portrait d’une danseuse qui tient à conserver l’esprit du Hip Hop New-Yorkais à ses débuts avec la création de la Jam « Just4Rockers», un des événements français underground les plus côtoyer par les B-boys et B-girls de toute la France et du monde, dont certains grands noms de la scène Break s’y rendent.

De son vrai nom Nacéra, elle s’engage à donner une plus grande visibilité et du respect pour les danseuses dans la culture Hip Hop, notamment grâce aux différents événements qu’elle organise comme avec les « talkshows » (un débat spectacle qui permet de réunir des personnes et de donner la parole pour confronter leurs points de vue sur un sujet dactualité dans un cadre attractif et détendu), comme celui du Talkshow en 2019, à l’IBE, sur « La place de la femme dans le monde du Hip-Hop et son leadership ».

Des actrices qui ont contribué à la culture Hip-Hop, elles ne datent pas d’hier mais bel et bien depuis ses prémices et ces femmes n’étaient pas des figures de l’ombres, même si pourtant elles n’étaient pas souvent sous les feux des projecteurs car elles opéraient et organisait en coulisse.

B-girl Hurricane

Néanmoins, une génération de danseuses vont suivre le modèle de Karima et Nacéra et s’imposer dans ce milieu majoritairement composé de garçon, devenant un poids conséquent sur la scène compétitive mais aussi artistique.

B-girl Beebish

Comme B-girl Beebish, championne du UK B-boy Championship ainsi que du B-boy Summit, elle devient la première B-girl française à intégrer le Rock Steady Crew.
Mais n’a pas bénéficier dans les années 90 du même traitement médiatique qu’aujourd’hui.

Championnes et Artistes sur scène

B-girl Babyson

La France est recherchée et mise à prix pour un crime dont beaucoup de pays n’ont pas réussi à commettre à Brunchwick, en Allemagne en cet année 2001. Leurs noms affichés dans cet avis de recherche : Wanted Posse.

Premier groupe 100% français (The Family l’a également remporté en 95), à avoir remporté le Battle Of The Year (BOTY), qui est encore considéré comme le championnat du monde par équipe dans le Breaking, ce collectif français fondé à Torcy, en 1990 par un certain Badson, remporte ce précieux sésame et ramène cette coupe à la maison. Leurs victoires sont dû à leur devise qui deviendra d’ailleurs leur marque de fabrique « l’individualité au service du groupe » permettant de valoriser les danseurs et danseuses par leur individualité, notamment B-girl Babyson.

 

B-girl Babyson

De son vrai nom Rem Soria, cette jeune danseuse rejoint ce mythique crew grâce à son style unique en son genre combinant le coté New Style et Abstract dans ses moves. Elle devient la première B-girl française à devenir championne du monde de B-boying avec les Wanted Posse en 2001 mais son histoire ne s’arrête pas là. Elle évolue avec d’autres artistes de renommé internationale comme Mariah Carey pour sa tournée européenne dans les années 2000 et elle est également choisie par des grandes marques comme Nike ou Ecko dans leurs publicités.

Grace à la compagnie Wanted Posse, elle figure dans plusieurs créations de ce dernier comme « Bad Moves » en 2003 ou bien en « Transe » en 2006, sans oublier l’une de leurs créations les plus connues qui est « Racines », dont Babyson y figure dans ces spectacles. Ces créations vont lui servir de formation, pour devenir à son tour une grande chorégraphe dont elle proposera, avec son mari Mehdi Ouachek, plusieurs créations chorégraphiques, dont ils feront la promotion de ces créations dans plusieurs shows télévisés comme « la meilleure danse » sur M6 en 2012. Ce couple va, au fil des années, imposer leurs visions de la danse ingénieuse et une écriture unique.

Babyson

Symbole de la féminité dans la danse Hip-Hop, Babyson a marquée sa génération, devenant la référence scénique et compétitive dans la danse.

B-girl Roxy

Mais revenons à nos moutons et changeons de pays avec nos voisins anglais, avec B-girl Roxy. De son vrai nom Roxanne Milliner, cette femme au corps de mannequin est une bête féroce sur scène, faisant vibrer et crier la scène. Seule B-girl à avoir à l’heure actuelle deux records dans le livre du « Guiness World Record book » pour le Headspin. Elle est aussi la première femme pour avoir représenté l’Angleterre dans toutes les plus grandes compétitions notamment le Battle Of The Year, Le Notorious IBE, le Outbreak, le R16 Korea et bien sur le fameux UK B-boy Championship dont elle ressort vainqueur, anglaise obligé.

B-girl Roxy est une grande danseuse professionnelle polyvalente alliant souplesse et force dans ses phases et freezes, avec des figures signatures qui lui sont propres. Grace à ses performances, elle se hisse aisément dans le top 5 des meilleurs B-girls au monde dans les années 2000. Ses performances incroyables sont remarquées et appréciées par ses paires, lui permettant de faire des duos comme par exemple B-boy Junior, lui aussi membre des Wanted Posse, ou bien affronter ces derniers comme B-boy Lil Zoo ou B-girl Jilou, tous deux des grands danseurs des années 2010.

B-girl Roxy n’échappe évidemment pas aux prestations artistiques et scénique, dont ses performances ne passent pas inaperçu comme le Royal Variety Show et bien sûr la cérémonie de fermeture des Jeux Olympiques de Pékin en 2008, ou plus récemment encore sa prestation au concert de Rita Ora en 2019, ainsi que plusieurs performances lives au Moyen-Orient comme le Abu Dhabi Ferrarri World ou bien le Grand prix de Bahrain de Formule 1.

B-girl Roxy est en plus d’être un modèle pour des affiches de compétitions Hip Hop ou bien de magazine comme le RWD Magazine, est également un modèle pour les futures B-girls qui vont lui succéder.

Les b-girls entrent dans l’arène

B-girl Queen Mary

B-girl bulgare, Queen Mary en avril 2015, surprend tout le monde lorsqu’elle devient la première B-girl de l’histoire à remporter le titre national du RedBull Bc One, compétition qui est considérée par la majorité des danseurs comme le championnat du monde de 1VS1 par excellence. Et pour cause, jusqu’à la date de sa participation, l’intégralité des participants à cette compétition étaient tous des hommes. Une surprise, qui fait réjouir les danseurs et donne un tonnerre d’applaudissement sur les réseaux sociaux.

B-girl Queen Mary

D’après une interview réalisée sur le site B-girl session, réalisé par la journaliste allemande Nika Kramer, ancienne photographe officielle du RedBull Bc One, c’était la compétition dont B-girl Queen Mary rêvait de remporter lorsqu’elle discutait avec son coach et se réjouissait de l’audience sur place, dont elle sentait qu’aucun B-boy ne semblait être jaloux, montrant l’état d’esprit de cette communauté sur la place des B-girls dans la scène compétitive. Néanmoins, elle ajoute la difficulté que c’est d’être une femme dans ce milieu, en raison du fait qu’elle doit faire ses preuves devant les B-boys et prouver constamment qu’elle sait danser, en cause de la morphologie féminine qui n’est pas adaptée aux méthodes d’apprentissage qui favorise les B-boys, mais malgré cela, elle garde une grande positivité et une force mentale pour parvenir à son objectif.

Elle est la première B-girl a remporter le RedBull Bc One nationale, mais qu’en est-il de la première B-girl qui a participé à la phase finale de cette compétition ?

B-girl Ayumi

Faisons un bon dans le temps pour venir en novembre 2017 à Amsterdam, avec la B-girl japonaise Ayumi, membre du fameux crew Body Carnival. Il aura fallu 14 ans pour que cette organisation puisse inviter une femme à cette compétition. Elle participera deux fois à cette compétition, dont elle sera finaliste en 2019.

B-girl Ayumi

B-girl Ayumi est une vétéran et membre clef de Body Carnival, dont elle est membre depuis maintenant 17 ans, ce groupe a remporté de multiples fois le championnat national et participé à toutes les plus grandes compétitions internationales comme le Battle Of The Year, le R16 Korea, le New B-boy Taipei City ou bien les éditions Battle Pro (compétition française au niveau internationale). Danseuse à renommer internationale, elle découvre le Break lors de ses études au Canada, à Vancouver, à l’âge de 21 ans. Séduite par cette danse, elle était membre du Japanada crew au Canada avant de rejoindre le Body Carnival Crew à son retour du Japon.

Désormais, elle voyage à travers le monde, que ce soit en équipe ou en solo, pour non seulement participer aux grandes compétitions, comme le Outbreak Europe dont elle sort vainqueur en 2VS2, mais aussi en tant que juges comme le Hip Opsession à Nantes si on reste encore dans les exemples. Son histoire est l’illustration parfaite de l’évolution des B-girls : au départ, jeune femme timide, elle s’affirme et s’amusent sur scène, dont parfois elle cherche à se perfectionner davantage ne voyant dans cette danse aucune limite, c’est ce que nous pouvons souligner dans le nouveau magazine français Breakers mag sortie cet été 2021 :

« Le fait de ne jamais penser que je suis bonne me pousse à continuer de m’entrainer beaucoup, à rechercher ma forme, mon style ».

Connu et reconnu par ses paires, que l’apprécie grandement, elle a gagné une grande reconnaissance dans la communauté Hip Hop.

Aujourd’hui, de plus en plus de B-girls montent en puissance et sont appréciés par les professionnelles, mais aussi par les sponsors comme nous pouvons voir avec B-girl Ami, première championne du Redbull Bc One, qui intègre l’équipe All stars, devenant à l’occasion la première B-girl à être sponsorisé par la marque aux taureaux rouges, ou bien l’américaine B-girl Macca qui est la première femme à être sponsorisé par la boisson Monster Energy, intègre l’équipe All Stars constitué des plus grands danseurs qui ont marqué l’histoire de la scène compétitive. C’est le début de reconnaissance et de concrétisation pour les B-girls.

Concrétisation et reconnaissance du B-girling : un nouvel apport pour la culture Hip Hop

B-girl Ami

Restons toujours dans le cadre de la compétition du RedBull Bc One, dont elle intègre pour la première fois une catégorie B-girl en 2018 à Zurich (Suisse). Un début de concrétisation pour les danseuses qui étaient jusqu’à cette période ignorée de la marque, dont B-girl Ami, une danseuse japonaise, saisi l’opportunité pour devenir la première femme à porter la fameuse ceinture.

B-girl Ami

Même si des catégories féminines ont longtemps existé dans les compétitions, dans les événements majeurs comme le Battle Of The Year 1vs1 pour citer en exemple, cette catégorie apparaît de plus en plus, désirant offrir plus de visibilité aux B-girls et prouver que la culture Hip Hop a, depuis son origine, toujours été un milieu ouvert, très loin du stéréotype fermé et machiste.

Mais les B-girls n’ont pas attendu à ce que les événements majeurs ouvrent pleinement leurs portes en dédiant cette part catégorique dans leurs qualifications comme nous pouvons le voir précédemment au cours de cet article, d’autant plus que beaucoup d’entre elles ont réussi, au cours des années 2010 à être applaudis du public et à faire lever les foules.

B-girl Jilou

Ce qui est le cas de B-girl Jilou, qui est le nouveau symbole représentatif actuel des B-girls à travers le monde, dont elle désire devenir la meilleure danseuse au monde. D’ailleurs, elle ne se contente pas de devenir la meilleure de tous puisqu’elle veut utiliser cette confiance, cette force pour des projets plus ambitieux, car elle souhaite qu’elle et les autres B-girls puissent rivaliser leurs homologues masculins. Une danseuse qui se refuse de se fixer des limites et s’élève contre les différentes inégalités présentes dans cette danse. Elle considère également qu’il est de sa responsabilité d’encourager une nouvelle génération de B-Girls dans son sillage. Une danseuse qui a de grande ambition, aussi grande que les valeurs olympiques.

B-girl Jilou

Car en effet, le Breaking, ou une nouvelle fois, comme appelle les médias traditionnels le « breakdance », sera accueilli aux Jeux Olympique d’été de Paris en 2024 dont beaucoup de danseurs et danseuses s’entraînent pour participer comme B-girl Jilou cité ci-dessus, mais aussi la B-girl américaine Logistx.

La jeune danseuse de San Diego est considérée comme l’une des favoris et relève de cette danse et de la culture Hip Hop. Âgé de 18 ans, elle a déjà battu des grands noms de la danse comme la B-girl française Sarah Bee, la première championne du RedBull Bc One B-girl Ami ou bien B-girl Kate qui est double championne du Outbreak Europe en solo. Bien que cette danseuse se sent partagée sur l’adhésion de cette discipline aux Jeux Olympique de Paris et également sur le fait qu’elle ne s’est pas encore prononcée sur son éventuelle participation, comme pour la majorité des danseurs (voir article « le break au J.O : les dés sont jetés » ), cette dernière pressent que cet événement va permettre aux femmes d’avoir plus de visibilité. Toutefois, elle apporte que le Hip Hop lui a beaucoup apporté dans sa vie en tant que personne et à être plus sociable. Une image loin de la vision stéréotypé et désuet sur le breakdance qu’elle pourrait afficher, si cette dernière vient à participer aux Jeux Olympiques en 2024.

B-girl Logistx

Enfin, pour sortir de l’aspect compétitif, de grande figure du milieu contribue à la culture Hip Hop, non pas sous les feux des projecteurs ou bien en coulisse mais en salle en tant qu’enseignant et activiste.

B-girl Asia One 

Un profil dont B-girl Asia One répond parfaitement. Véritable icone féminin de la culture Hip Hop, elle est la grande pionnière du break. Femme visionnaire, toujours en avance dans son temps, Asia One est une légende vivante dans le milieu Hip Hop, qui depuis les années 80, a créé les standard et la réputation de cette culture tel que nous connaissons actuellement. Réelle ambassadrice et porte-parole des danseurs, elle a présenté le breaking auprès des grandes marques internationales comme Nike en autre, mais aussi des partenariats qui perdure encore jusqu’à nos jours, comme Redbull, qui donnera indirectement naissance au RedBull Bc One, considéré comme le championnat du monde en un-contre-un par excellence.

Fondatrice et présidente actuelle du prestigieux événement annuelle « B-boy Summit », un festival qui rend hommage à la culture Hip Hop en faisant appel aux quatre pilliers de cette culture urbaine qui est : La danse, Le DJing, le MC et le graff. Mais également ce festival propose un conditionnement physique pour tous les B-boys et B-girls, se montrant soucieuse de la santé et de la bonne pratique des danseurs ainsi qu’un programme d’art culturel, apportant davantage de connaissance sur la culture Hip Hop. Elle démontre un immense engagement pour la culture Hip Hop ou elle se bat pour valoriser la culture Hip Hop et briser l’image péjorative qu’avaient établi les médias traditionnels de l’époque aux yeux du grand public. Elle est pour tous les danseurs, une grande inspiration et un exemple pour eux, tant elle a apporté à la communauté. Suite à une interview réalisée le 25 février 2019 sur le site officiel du Redbull Bc One, elle explique que le plus grand combat qu’elle poursuit pour changer et améliorer sur la scène Hip Hop, est d’apporter plus visibilité aux B-girls à tous les niveaux : que ce soit en tant que compétitrice, en tant que juge, en tant qu’éducatrice, historienne ect …

Elle à également une filmographie dans son C.V, puisqu’elle apparaît dans plusieurs films de danse comme Step Up 2 et dans le film « Planet B-boy Movie », réalisé par Benson Lee en 2007, en tant commentatrice de ce documentaire mais aussi un court-métrage à son sujet retraçant son parcours. Et enfin elle figure dans des livres concernant le Hip Hop tel que « We Got Issues and Vibes Hip-Hop Divas » de Martha Cooper et de « We B*Girlz » de Nika Kramer.

Sans oublier, comme tous les danseurs, elle ne peut réchapper aux prestations des concerts dont elle a participé, comme les iconiques groupe Hip-Hop américain Run DMC et les Black Eyed Peas.

Nous pouvons évoquer sa consœurs New-Yorkaise, B-girl Rockafella, co-fondatrice du crew Full Circle Souljahs, se présentant comme une grande historienne et témoins de l’évolution de la culture Hip-Hop sur ses 30 dernières années. Étant également une pionnière représentative de la culture Hip-Hop et de New-York, elle a beaucoup contribué à la culture, s’inspirant de ses prédécesseurs féminins et masculin.

Nous avons aussi B-girl AT, la danseuse finlandaise, qui pendant un temps, a opéré sous le label « B-boy & B-girl Dojo« , qui, avant son départ, enseignait non seulement les techniques pour danser, mais aussi le vocabulaire et la philosophie aux générations futures, afin qu’elles ne disparaissent à la fin des pionniers. Un engagement dont elle souhaite que les filles de la nouvelle génération aient plus confiance dans leurs styles et qu’elles n’essayent pas d’être la meilleure version masculine, comme font écho les paroles de B-girl Jilou et de Queen Mary dans cet article.

B-girl AT

Au cours de son histoire, le break féminin à grandement évoluée, si ce n’est plus que son homologue masculin, depuis son apparition à nos jours et que ce soit au nombre d’adhérentes, d’état d’esprit et de style. Longtemps mise dans l’ombre, elles sont maintenant sous les feux projecteurs, dont les actrices, anciennes et nouvelles, se sont montrés solidaires pour faire évoluer et faire entendre leurs soutien de ses homologues masculins malgré qu’elles soit minoritaire.

Aujourd’hui encore, des problématiques subsistes mais nous pouvons voir qu’en presque 50 ans d’existence, le Hip Hop à toujours fait ce qu’il fait de mieux et qu’il constitue même son essence : c’est son évolution et il est, pour l’instant, très favorable au vestiaire féminin.

Une réflexion sur “L’importance et l’influence des B-Girls sur la scène Breaking

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